Quand on a repéré une station de radio qui nous plaît, qu'on en a noté l'adresse, ensuite on y revient de temps en temps, pas forcément tous les jours mais n'importe quand et n'importe où on se trouve, et on ne choisit pas alors ce qu'on va écouter. On connaît le genre de musique que cette station diffuse, on l'a choisie en fonction de ce genre mais, quand on tourne le bouton, qu'on se met à l'écoute, on ne sait pas exactement ce qu'elle va nous servir. Parfois, le plus souvent, c'est très exactement ce qu'on avait envie d'entendre, besoin d'entendre pour nous distraire, pour accompagner de façon discrète et amusante nos travaux et nos jours, et tant pis si d'autres fois on est déçu. Et c'est pour entendre, parfois des musiques qu'on connaît déjà, des sons, des accents, des standards auxquels on est habitué depuis des milliers d'années, tandis que d'autres fois c'est pour découvrir des choses, qu'elles soient très anciennes ou nouvelles, qu'on ne connaissait pas. C'est cela qui fait le charme d'une station de radio, cette alternance de choses qui sont bien connues de nous, qui ramènent des souvenirs, et d'autres choses au contraire qu'on ne connaissait pas, qui nous surprennent, qui nous font sourire. Et parfois, on laisse la station jouer pendant des heures, pendant une nuit d'insomnie ou un voyage en train, par exemple, tandis que d'autres fois on sera interrompu ou on se lassera très vite et on passera à autre chose. Eh bien, c'est exactement ainsi, dans ce même esprit que je voudrais que les lecteurs se branchent sur le site de Nice-Nord, c'est très exactement l'usage qui me conviendrait, et c'est très exactement pour cet usage aléatoire, léger, innocent, amateur, que je construis le site.
Relu et corrigé Cette fois-là . Cette nouvelle illustre une question qui m'occupe davantage au fur et à mesure que je vieillis: celle du nombre et des dates des "fois" en quoi consiste une habitude — et l'épaisseur, voire la réalité d'une relation, d'un amour que nous avons vécu. Pour autant que je m'en souvienne, Gérard Genette distingue 3 modes de narration romanesque: la scène, le résumé et la description. Laissons de côté la description. La scène et le résumé, quant à eux, se distinguent assez clairement. La scène raconte une fois ce qui s'est produit une fois, dans un court espace de temps, tandis que le résumé raconte une fois ce qui s'est produit sur une longue période, durant laquelle chaque événement de la série s'est produit une seule fois (mode singulatif) ou plusieurs fois (mode itératif). Néanmoins, pour donner à un résumé plus d'épaisseur, plus de vie, il arrive presque inévitablement qu'à un moment de son récit le narrate...
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