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Comme le vieux cow-boy

Le vieux cow-boy qui ouvre sa Bible, un peu au hasard, le soir, au coin du feu, fait un usage du Livre un peu semblable à celui que nous faisons d'une station de radio, et un peu semblable à l'usage que je voudrais qu'on fasse de ce site. Je veux dire que cet usage aléatoire et fragmentaire n'est pas une invention du numérique mais qu'il relève d'une tradition bien plus ancienne que la forme-roman telle que nous la connaissons, dans sa clôture impérative, à savoir qu'un roman, c'est fait pour être lu du début à la fin, une fois dans sa vie. Qui a jamais dit que les ouvrages de poésie étaient destinés à une lecture linéaire? "Il y a des livres, dans la Bible, que je n'ai jamais lus, dit le vieux cow-boy, et d'autres que je connais par cœur." Je peux en dire autant des Fleurs du mal ou d'Une saison en enfer.

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